Il y a très très longtemps, alors que je m’apprêtais à réaliser mon premier voyage solo en Finlande, je me suis mise en tête d’apprendre le finnois. Les moyens de l’époque étant ce qu’ils étaient, je m’étais rabattue sur un livre-cassette pas génial. J’avais aussi un petit dictionnaire de poche que j’utilisais pour (tenter de) traduire des chansons. L’intérêt avait fini par décliner, faute de motivation et de progrès.

Faut dire que le finnois, c’est une langue superbe, mais franchement pas facile. Voici quelques explications.
Qu’est-ce que c’est ?
Contrairement à ce qu’on peut penser, le finnois n’est pas du tout apparenté aux langues scandinaves comme le suédois ou le danois. Il appartient à la famille des langues finno-ougriennes, dont font partie le hongrois et l’estonien. Normal, donc, de ne trouver aucune ressemblance avec les langues que nous connaissons, tant au niveau du vocabulaire que de la structure.
Ça sonne comment ?
Le finnois est une langue chantante. Le secret de la prononciation est en partie dans la maîtrise de l’accent tonique, qui est placé sur la première syllabe de chaque mot et dans les « sauts » qu’il faut faire sur les double-consonnes. En présence de double voyelles, il faut aussi maintenir le son plus longtemps (ex. suuri, qui veut dire large). Un exemple de finnois ici.
Il y a huit voyelles distingues et une douzaine de diphtongues. Un francophone n’aura pas de problème à prononcer les sons. Même « ö » (eu), « ä » (a ouvert) et « y » (u français) se prononceront aisément.
Et la grammaire ?
La particularité du finnois est que c’est une langue agglutinante. Ça veut dire qu’au lieu d’utiliser des prépositions devant un mot, celles-ci se collent plutôt à la fin pour en modifier le sens. « Talo », qui veut dire maison, pourrait devenir « talossa » (dans la maison), ou « talosta » (depuis la maison). Il y a ainsi 15 cas de déclinaison, incluant le pluriel, les possessifs et de nombreuses prépositions. Ça fait parfois des mots d’une longueur hallucinante. De par sa structure, le finnois ne comporte pas d’articles non plus.

Voici quelques salutations en finnois pour s’amuser. Pour l’audio, faites un tour sur Youtube.
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Français |
Finnois |
Prononciation approximative |
| Bonjour | Hyvää päivää | huvaa païvaa |
| Salut | Moi (informel)Hei (informel)
Terve (informel) |
moilleheille
tèrvè |
| Comment ça va ? | Mitä kuuluu | mita kou-ou-lou |
| Je m’appelle… | Nimeni on… | nimèni on |
| Enchanté | Hauska tutustua | haw-ska toutoustou-a |
| Merci | Kiitos | ki-i-toss |
| Pardon | Anteeksi | ann-tèè-ksi |
| Bonne nuit | Yvää yötä | uva-a u-eu-ta (avec des « a » très ouverts) |
| Au revoir | Nakemiin (formel)Hei hei (informel) | nakèmineheille heille |
Parmi les Finlandais célèbres, on peut penser au joueur de hockey Saku Koivu, les pilotes Kimi Räikkönen et Mika Häkkinen et les compositeurs Jean Sibellius et Magnus Lindberg.
Pour ceux qui veulent aller plus loin, il existe quelques ressources intéressantes sur le net pour apprendre le finnois en ligne: The Finnish Teacher, Digital Dialects, Loecsen, Memrise, This is Finland, A taste of Finnish
Avez-vous déjà tenté d’apprendre une langue peu commune? Quel a été le résultat?
Une autre langue que je voudrais apprendre ! Mais soyons franches, je n’aurai jamais la patience (malheureusement). Alors je me contente d’écouter les finnois en souriant béatement et en ne comprennant rien du tout… ^^
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Haha oui, elle est pas facile comme langue non plus. Moi aussi, je me contente de l’écouter!
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Il fût une époque où j’étais assez avancée en finnois (j’y ai effectué un échange étudiant il y a presque 10 ans. J’avais mis 2 ans à apprendre la langue avant d’y aller!). Faute de pratique, j’ai beaucoup perdu 😦
Les ressources sont très limitées, mais c’est une langue fascinante à apprendre. Tout un challenge, mais c’est vraiment gratifiant lorsque tu impressionnes tes interlocuteurs (peu d’étrangers prennent la peine d’apprendre quelque mots ou le parlent vu sa complexité).
J’aime bien le site http://www.uusikielemme.fi/. Ça donne quand même une bonne base pour débuter. À l’époque, il y avait aussi des cours de finnois les lundis (soir) à l’église luthérienne finlandaise de Montréal (sur Dr Penfield). Je ne sais pas si cela se fait toujours, mais ça permettait de pratiquer l’oral. Par contre, les cours se donnaient en anglais.
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