Rester motivé quand on apprend une langue

Vous avez soigneusement empilé les meilleurs cahiers d’exercices et dictionnaires que vous avez pu trouver. Vous vous êtes concocté une planification d’étude militaire. Vous parcourez avec envie les posts Instagram où l’on peut voir des polyglottes incroyablement organisés qui enfilent les leçons et les lectures complétées.

Et pourtant. La motivation n’y est pas. Pas le temps. Pas aujourd’hui. Pas envie.

Je vous ne le cacherai pas, ma motivation pour l’étude des langues n’est pas à son maximum ces temps-ci. Je ne trouve rien de suffisamment motivant pour me pousser à m’installer pour l’étude. Par cet article, je vous propose de trouver les causes de votre démotivation et d’y remédier.

C’est grave docteur?

Avant de sauter sur les solutions miracles, il est important de comprendre la raison pour laquelle vous avez moins envie de vous plonger dans une séance d’étude. Voici quelques pistes ainsi que des remèdes à appliquer.

Vous avez perdu de vue vos objectifs, ou peut-être ont-ils changé

Rappelez-vous pourquoi vous avez commencé à apprendre cette langue. Était-ce pour communiquer avec une personne en particulier? Pour préparer un voyage? Pour apprendre des chansons? Demandez-vous si cet objectif est encore valide aujourd’hui et s’il vous motive toujours. Il est possible que vos buts aient évolué et que votre style d’étude ou les ressources utilisées ne soient plus aussi appropriés. Il est normal de varier son matériel à mesure que l’on progresse : une redéfinition de vos objectifs s’impose peut-être. Il est aussi permis de laisser de côté une langue, le temps de retrouver un sens.

Vous manquez d’objectifs précis

Dans la même veine, si votre objectif principal est de « parler avec fluidité » ou « atteindre un niveau B1 » dans votre langue cible, il y a fort à parier que ce but ne vous gardera pas longtemps motivé. On peut vite se sentir dépassé devant tout le chemin à parcourir avant d’atteindre le niveau de fluidité visé. Je vous suggère d’ajouter des objectifs à plus court terme, définis dans le temps, avec des résultats que vous pourrez constater et célébrer. Pour des idées d’objectifs mesurables, passez lire mon article sur le sujet!

Vous n’avez pas de routine, ou elle ne fonctionne pas pour vous

Si vous n’arrivez jamais à vous trouver du temps le soir pour vous asseoir et rédiger votre journal, ou s’il vous est difficile de compléter un module d’exercice sans être dérangé, c’est peut-être que le moment, la durée et l’intensité de votre routine ne convient pas à votre style de vie. On peut être tenté de remplir son agenda de leçons et de lectures en se disant que cette fois, on le fera vraiment, mais ça fonctionne rarement.

Si vous avez perdu pied, le principe des micro-leçons pourrait vous être bénéfique. Recommencez à raison de 5 minutes par jour. Assurez-vous de pouvoir maintenir la cadence avant d’ajouter de nouvelles minutes ou des activités. Commencez par les activités que vous trouvez les plus motivantes. Intégrez votre étude à votre routine actuelle plutôt que l’inverse. L’étude peut se faire en prenant sa douche, en faisant la vaisselle ou même dans son lit avant de dormir. Elle peut aussi remplacer avantageusement une portion du temps passé à trainer sur les réseaux sociaux. Plus l’étude sera régulière et plus vous serez susceptible de la répéter. Les planificateurs (planners) peuvent vous aider à maintenir une routine, mais rappelez-vous qu’ils n’étudieront pas à votre place.

Votre matériel ne vous motive plus

L’étude ne peut pas toujours être rigolote, mais parfois, choisir les bonnes ressources peut faire une grande différence dans notre façon d’appréhender l’étude. Demandez-vous si les mots et les expressions que vous apprenez sur vos applications sont pertinents et en lien avec vos objectifs. Vous sont-ils utiles dans vos interactions? Avez-vous encore du plaisir à les parcourir ou êtes-vous plutôt guidé par un sens de l’obligation?

Le matériel authentique est une bonne façon d’ajouter un peu de sens à son étude et d’intégrer des concepts concrets et ancrés dans la culture. Quand le matériel est adapté aux apprenants, c’est encore mieux! Allez voir du côté de FluentU ou de LingoPie (pour ne nommer que ceux-là), qui proposent des vidéos authentiques avec des annotations et des sous-titres pour faciliter l’apprentissage. Immersion garantie!

Les nouvelles applications se développent rapidement : pourquoi ne pas faire un tour d’horizon pour voir si de nouveaux titres se seraient ajoutés? Faites un retour vers le papier (cahiers d’exercices, journal de langue, cartes de mémorisation, etc.) pour voir si ce style vous convient mieux, ou interagissez avec d’autres personnes sur Italki ou sur toute autre plateforme de tutorat et d’échange.

Vous ne voyez plus autant de résultats qu’avant

Après un certain temps, un apprenant en langue atteint un plateau. Il a l’impression de stagner malgré les efforts. Les progrès ne justifient plus tout le temps investi et il commence à se demander s’il perd son temps.

Ici encore, il est peut-être temps de varier les stratégies d’étude pour en trouver des plus efficaces. Faites le point sur les ressources le plus souvent utilisées. Sont-elles généralement passives, comme le visionnement de vidéos ou la lecture? Avez-vous suffisamment intégré de production, comme l’écriture et la conversation?

Dans un autre ordre d’idée, vous pouvez également utiliser une foule d’outils comme des trackeurs ou des tests de placement afin de mesurer votre progrès, aussi subtil soit-il. Passez lire mon article sur le sujet!

Votre environnement d’étude n’est pas optimal

Si vous regardez vos livres du coin de l’œil depuis des semaines sans avoir envie de les approcher, c’est peut-être que votre environnement ne vous inspire guère. Parfois, il ne manque pas grand chose pour s’immerger dans l’univers de sa langue cible et de favoriser l’étude.

Pour moi, ça veut dire allumer une chandelle ou me préparer un thé avant de m’y mettre. D’autres voudront une musique de fond particulière ou un parfum d’ambiance, ou devront simplement ranger leurs appareils électroniques pour un moment. Tous les moyens sont bons pour se créer une bulle d’étude qui favorisera la concentration.

Je me suis également assemblé un panier d’étude dans lequel j’ai déposé tout le matériel nécessaire : stylos, gommes, cahiers de note, livres de lecture, exercices, etc. La vue du panier me motive et je n’ai plus à courir partout pour trouver de quoi écrire lorsque l’envie me prend.

Vous n’y voyez aucune conséquence

Pour plusieurs, s’engager publiquement à atteindre certains résultats confère une sorte d’imputabilité suffisamment motivante pour les empêcher d’abandonner lorsque l’envie se fait sentir. Si c’est votre cas, trouvez-vous une communauté pour échanger vos progrès et partager vos objectifs. Il existe plusieurs clubs plus ou moins formels. Si le cœur vous en dit, joignez-vous à un défi linguistique (#language challenge) et partagez vos ressources et vos progrès avec des apprenants comme vous durant une période définie.

Il vous est également possible de réserver des leçons en ligne avec un professeur ou de faire un échange linguistique (regardez des applications comme Tandem ou encore HelloTalk, pour ne nommer que celles-là).

En conclusion : créer l’engagement

Bref, je crois que le secret d’une étude constante et réussie repose dans l’engagement. Qu’il se manifeste à travers notre intérêt pour le matériel, l’atteinte d’un but signifiant, l’observation d’une routine ou simplement une promesse envers une communauté, nous devons trouver l’élément qui nous permettra de maintenir la répétition et les efforts au-delà de l’attrait initial que peut procurer la langue.

Vous n’êtes pas seuls

Malgré ce que l’on voit dans leurs vidéos, même les polyglottes célèbres ne sont pas toujours motivés. Voyez ce qu’ils ont à dire au sujet de la motivation :

Où en est votre motivation en ce moment?

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